Entre Deux Mondes : Trouver son Identité et sa Place dans une Vie Multiculturelle
- fleurlrichards
- 21 janv.
- 4 min de lecture
Beaucoup de personnes qui vivent entre plusieurs pays portent en elles une question silencieuse : Qui suis-je, lorsque je n’appartiens plus vraiment à un seul endroit ?
Dans la région Chamonix–Genève, il est courant de rencontrer des personnes dont la vie s’étend à travers des langues, des passeports et des paysages différents. Nous construisons des foyers loin de nos racines ; nous élevons des enfants dans des traditions hybrides ; nous formons des couples avec des partenaires dont l’histoire émotionnelle n’est pas la nôtre. Cette vie multiculturelle est riche et stimulante, mais elle peut aussi ébranler notre sentiment d’identité et d’appartenance, souvent de manière subtile.
En tant que psychothérapeute travaillant avec des expatriés, des familles internationales et des personnes en transition culturelle, je constate régulièrement ce phénomène : le travail silencieux d’exister entre plusieurs mondes.

L’Effort Invisible d’Être Plusieurs Versions de Soi
Lorsque vous naviguez dans des environnements culturels différents, vous adaptez inconsciemment votre ton, votre humour, votre posture, vos attentes…Ce n’est pas jouer un rôle, c’est faire preuve de sensibilité, d’intelligence, d’ouverture.
Mais à la longue, cela peut créer une fissure intérieure :
Quelle version de moi est la plus authentique ?
Où est-ce que je me sens vraiment moi-même ?
Pourquoi ai-je toujours l’impression d’être légèrement décalé·e, même dans des lieux que j’aime ?
Chez de nombreux résidents internationaux, frontaliers, expatriés et personnes « entre cultures », ces questions sont présentes au quotidien – mais rarement mises en mots.
La Pression de “Bien s’Intégrer”
Dans un contexte interculturel, un mythe persiste : si l’on fait assez d’efforts, on devrait s’intégrer parfaitement. Comprendre les codes implicites. Maîtriser la langue. Élever ses enfants « comme il faut ». S’adapter sans difficulté au monde professionnel. Se sentir reconnaissant, et surtout pas ambivalent.
Mais l’identité ne se transforme pas au rythme d’un formulaire administratif, ni d’une application de langues. Et l’appartenance n’est pas une liste de critères à cocher.
Lorsque nous nous forçons à nous adapter sans reconnaître ce que nous perdons ou ce qui se réorganise en nous, cela peut mener à :
un sentiment persistant de ne jamais être « assez » dans aucune culture
une forme d’apathie ou de déconnexion émotionnelle
le besoin de plaire à tout prix ou au contraire de se protéger
une nostalgie diffuse pour la personne que nous étions
Ce ne sont pas des signes de faiblesse. Ce sont des signes de transition.
Le Deuil Culturel : Une Douleur Souvent Innommée
Il existe une forme de chagrin que l’on aborde peu :celle de ne plus appartenir pleinement à la culture qui nous a façonné·e.
Ce deuil culturel peut apparaître dans de petits moments du quotidien :
perdre des mots dans sa langue maternelle
se sentir « étranger·ère » dans son propre pays
élever des enfants qui ne partageront pas entièrement nos repères
regretter des gestes, rituels ou saveurs d’enfance
avancer dans un environnement professionnel où nos intuitions ne correspondent plus aux normes
Migrer – que ce soit par choix ou par nécessité – crée une rupture émotionnelle. Il est normal de se sentir désorienté·e, même au cœur d’une vie que l’on apprécie profondément.
L’Identité Comme Histoire Vivante et Évolutive
Une prise de conscience particulièrement libératrice pour beaucoup de personnes est celle-ci :Vous n’avez pas à choisir une seule version de vous-même.
Vous pouvez être façonné·e par plusieurs langues, plusieurs lieux, plusieurs héritages. Porter plusieurs identités ne signifie pas manquer de cohérence – cela signifie être riche d’une pluralité d’expériences.
L’appartenance cesse alors d’être la question « Où est-ce que je rentre dans les cases ? » et devient :Comment puis-je créer en moi un espace suffisamment large pour accueillir tout ce que je suis en train de devenir ?
En thérapie, beaucoup de personnes apprennent à intégrer les parties d’elles-mêmes qui se sont étirées à travers les frontières. Elles découvrent comment honorer leur histoire tout en s’ancrant plus solidement dans le présent.
Une Autre Forme d’Appartenance
Dans une vie multiculturelle, l’appartenance ne se construit pas seulement dans un pays ou une langue.
Elle se tisse dans de petites expériences relationnelles :
un·e ami·e qui comprend votre humour et votre accent
un·e partenaire qui apprend votre langage émotionnel
un enfant qui vous reconnecte à vos racines
un rituel d’autrefois repris dans votre quotidien
un espace thérapeutique où chaque facette de votre identité est accueillie
Ces liens créent une appartenance intérieure, plus stable que n’importe quelle géographie.
Si Vous Vivez Entre Plusieurs Cultures, Vous N’êtes Pas Seul·e
Éprouver de la confusion, de la fatigue ou un manque de repères ne signifie pas être perdu·e. Cela signifie être humain·e, sensible, en pleine transformation.
Si vous reconnaissez quelque chose de votre propre histoire dans ces mots – en tant qu’expatrié·e, frontalier·ère, parent international ou personne vivant loin de ses racines – il peut être précieux d’explorer cela en profondeur.
Si vous souhaitez être accompagné·e pour intégrer votre histoire culturelle, retrouver un sentiment de cohérence intérieure ou naviguer une transition identitaire, j’offre des séances de psychothérapie (en ligne ou en présentiel) pour adultes dans la région Chamonix–Genève.
Vous pouvez me contacter pour un premier échange – simplement un temps pour souffler, comprendre et voir ce dont vous avez besoin.


